Aperçu du marché : Tendances historiques et scénarios projetés de la consommation d’énergie au Canada

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Date de diffusion : 2026-09-09

Au cours des 20 dernières années, la croissance économique du Canada, la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre (« GES ») ont suivi des trajectoires différentes en raison d’un bouquet énergétique plus propre et de l’amélioration de l’efficacité énergétique. Bien que la demande d’énergie demeure étroitement liée à l’activité économique et que les émissions liées à l’énergie représentent toujours plus de 80 % des émissions totales de GES du Canada, la voie à privilégier dans l’avenir est tributaire des forces du marché et des choix politiques. Le rapport sur l’avenir énergétique du Canada en 2026 explore divers scénarios pour illustrer le déroulement potentiel des voies envisagées au cours des prochaines décennies.

Tendances historiques (2005-2024)

Entre 2005 et 2024, l’économie canadienne a connu une croissance de 39 % (ou 1,8 % par année)Note de bas de page 1, soit une hausse sensiblement comparable à celle d’autres économies avancéesNote de bas de page 2. La population a augmenté de 28 %, ce qui fait que le produit intérieur brut (« PIB ») par habitant a légèrement augmenté, d’environ 8 %Note de bas de page 3. Le rendement économique reflète les cycles mondiaux, incluant la crise financière mondiale de 2009, la volatilité des prix du pétrole et le choc de la COVID-19 (figure 1).

Figure 1 – Tendances historiques des indicateurs de l’activité économique, de la demande d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre au Canada (2005-2024), indice de 2005 = 100

Source et Version texte

Source : Avenir énergétique du Canada en 2026, Rapport d’inventaire national 1990-2023

Version texte : Ce graphique montre les tendances indexées des paramètres économiques, de la demande d’énergie et des émissions de GES par rapport à 2005, l’année de référence. Les paramètres de l’activité économique comprennent le produit intérieur brut réel, la population et le produit intérieur brut réel par habitant. La demande d’énergie pour utilisation finale comprend toute l’énergie consommée dans les bâtiments, les transports et l’industrie, tandis que l’intensité énergétique mesure l’énergie requise par unité de production économique. Les émissions de GES comprennent les émissions provenant de tous les secteurs économiquesNote de bas de page 4, tandis que l’intensité des émissions mesure la quantité de gaz à effet de serre émis par unité d’énergie utilisée.

Chaque ligne montre une croissance ou une diminution en comparant chaque année à 2005, l’année de référence où toutes les valeurs sont égales à 100. Par exemple, une valeur de 139 en 2024 signifie que le PIB était 39 % plus élevé en 2024 qu’en 2005. Un indice d’intensité énergétique de 78 en 2024 correspond à une diminution de 22 % de la consommation d’énergie par unité de production économique par rapport à 2005.

Les lignes du graphique montrent qu’entre 2005 et 2024, l’économie et la population du Canada ont respectivement augmenté de près de 40 % et de 30 %, tandis que la demande d’énergie a grimpé de moins de 10 %, et les émissions de GES ont reculé de plus de 10 %. Par conséquent, au cours des deux dernières décennies, la population canadienne a eu une production économique plus élevée par personne (comme en témoigne la hausse du PIB par habitant), et a utilisé l’énergie plus efficacement (comme l’indique la baisse d’intensité énergétique). De plus, cette énergie provenait de sources plus propres, comme le montre le déclin d’intensité des émissions. Au cours de la même période, l’utilisation finale de l’énergie n’a progressé que de 8 % (0,4 % par année)Note de bas de page 5. Puisque l’économie et la population ont augmenté plus rapidement que la demande d’énergie, le Canada a utilisé l’énergie plus efficacement chaque année, comme en témoigne la baisse de l’intensité énergétique. L’activité industrielle, notamment dans les secteurs pétrolier et gazier, minier et agricole, est le principal moteur de la croissance de la demande d’énergieNote de bas de page 6, qui découle d’une consommation accrue de gaz naturel et d’électricitéNote de bas de page 7 (figure 2, panneau de gauche).

Malgré une croissance modeste de la consommation d’énergie, les émissions de GES du Canada ont diminué de 12 %Note de bas de page 8. Ce sont les services d’électricité qui ont connu les réductions les plus marquées (même si les niveaux de production totale ont continué de croître), en raison des politiques d’élimination progressive du charbon. Les émissions ont également reculé dans le secteur manufacturier à forte intensité énergétique, tandis qu’elles ont augmenté dans les secteurs pétrolier, gazier et agricole avec l’essor de la production (figure 2, panneau de droite). Dans l’ensemble, la baisse de l’intensité des émissions reflète une transition vers des technologies plus écoénergétiques et des modes de production et de consommation d’énergie plus propres à l’échelle de l’économie.

Figure 2 – (Panneau à gauche) La variation nette de la demande d’énergie de 2005 à 2024 selon les secteurs d’utilisation finale et la catégorie de combustibles en pétajoules (« PJ »), et (panneau à droite) la variation nette de 2005 à 2024 des émissions de gaz à effet de serre par secteur économique en millions de tonnes d’équivalent en dioxyde de carbone (« Mt éq. CO2 »)

Source et Version texte

Source : Avenir énergétique du Canada en 2026, Rapport d’inventaire national 1990-2023

Version texte : Le diagramme à barres du panneau de gauche illustre la variation nette de la demande d’énergie pour utilisation finale au Canada entre 2005 et 2024, par grand secteur d’activité, notamment le secteur industriel, ceux des bâtiments et des transports, ainsi que par catégorie de combustibles en pétajoules d’énergie. La variation nette de la consommation totale d’énergie pendant cette période a été de 834 PJ ou 8 %. La plus grande part de cette hausse est attribuable au secteur industriel, sous forme de gaz naturel et d’électricité, ainsi qu’à la réduction appréciable des combustibles à base d’hydrocarbures liquides.

Le diagramme à barres du panneau de droite illustre la variation nette des émissions de GES du Canada entre 2005 et 2024, par secteur économique, en Mt éq. CO2, conformément au Rapport d’inventaire national du Canada. L’industrie lourde comprend le secteur minier et le secteur manufacturier à forte intensité énergétique. Dans la catégorie « Déchets et autres », on inclut les secteurs de la foresterie, de la construction et manufacturier léger. Les valeurs de 2024 sont des estimations tirées du rapport sur l’avenir énergétique du Canada en 2026. La variation nette des émissions de GES pendant cette période représente une baisse de 94 Mt éq. CO2 ou 12 %. Ce changement est principalement dû à la production d’électricité.

Possibilités d’avenir (2024-2050)

Le rapport sur l’avenir énergétique du Canada 2026 explore l’évolution possible de la filière énergétique canadienne. Quatre scénarios reposent sur des hypothèses variées relativement à la croissance économique, au commerce, aux prix de l’énergie, au développement technologique et à l’ambition en matière de politique climatique. Les quatre options sont : le scénario des mesures actuelles, le scénario de la tendance à la baisse, le scénario de la tendance à la hausse et le scénario de carboneutralité du Canada. Tous ces scénarios prévoient une croissance économique continue et une baisse des émissions de GES, mais l’importance, la vitesse et les facteurs des changements diffèrent :

  • Le scénario des mesures actuelles : Les émissions diminuent de 16 % de 2024 à 2050, même si le PIB augmente de 50 % et la consommation d’énergie, de 11 %. Dans ce scénario, les facteurs de réduction des émissions reposent sur l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’électrification accrue (p. ex., adoption de véhicules électriques et de thermopompes) et l’électricité plus propre.
  • Les scénarios de la tendance à la baisse et de la tendance à la hausse : Par rapport aux mesures actuelles, les écarts dans la demande d’énergie et les émissions de GES découlent principalement de niveaux d’activité économique qui sont plus bas ou plus élevés, par exemple selon les variations des prix et de la production du pétrole et du gaz, la croissance liée au commerce et la demande d’électricité des centres de données. Dans ces deux scénarios, l’intensité énergétique et l’intensité des émissions évoluent favorablement, conformément au scénario des mesures actuelles.
  • Le scénario de carboneutralité du Canada : Les émissions chutent fortement. L’adoption généralisée de combustibles propres (électricité, biocarburants et hydrogène), de technologies d’utilisation finale hautement efficaces et de technologies de captage et d’élimination du carbone accélère les gains d’efficacité énergétique, le remplacement de combustibles et la réduction des émissions. Bien que la croissance économique corresponde environ à celle des mesures actuelles, elle repose davantage sur l’énergie propre et les solutions de réduction et d’élimination des émissions que sur la production de combustibles fossiles.

Figure 3 – Tendances projetées de l’activité économique, de la demande d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre selon quatre scénarios pour le Canada (2024-2050, indice de 2024 = 100

Source et Version texte

Source : Avenir énergétique du Canada en 2026

Version texte : Ces graphiques linéaires montrent la hausse ou la baisse des paramètres économiques, de la demande d’énergie ou des émissions de GES par rapport à leur niveau de référence de 2024 (année à laquelle toutes les valeurs sont égales à 100) jusqu’en 2050. Les graphiques sont répartis en quatre scénarios tirés du rapport sur l’avenir énergétique du Canada en 2026 – mesures actuelles, tendance à la baisse, tendance à la hausse et carboneutralité du Canada. Par exemple, une valeur de 150 en 2050 pour le PIB, dans le scénario des mesures actuelles, signifie que le PIB est estimé être 50 % plus élevé en 2050 qu’en 2024. Une consommation d’énergie de 95 en 2050, dans le scénario de carboneutralité du Canada, signifie que la consommation d’énergie en 2050 sera inférieure de 5 % par rapport aux niveaux de 2024.

Dans tous les scénarios, le PIB croît. La croissance est la plus forte dans le scénario de la tendance à la hausse, comparable dans les scénarios des mesures actuelles et de la carboneutralité du Canada, et la plus faible dans le scénario de la tendance à la baisse. La consommation d’énergie atteint son niveau le plus élevé dans le scénario de la tendance à la hausse, est moins élevée dans celui des mesures actuelles, demeure essentiellement stable dans le scénario de la tendance à la baisse et diminue légèrement dans le scénario de carboneutralité du Canada. Les émissions de GES diminuent dans tous les scénarios. Par rapport aux niveaux de 2024, elles reculent d’environ 16 % en 2050 dans le scénario des mesures actuelles. Dans le scénario de la tendance à la hausse, les émissions projetées en 2050 sont environ 9 % plus élevées que dans celui des mesures actuelles, et plus faibles d’environ 9 % dans le graphique de la tendance à la baisse. Dans le scénario de carboneutralité du Canada, elles atteignent zéro en 2050.

Dans l’ensemble des graphiques, chaque secteur d’utilisation finale (bâtiments, transports et secteur industriel) présente des relations uniques entre les moteurs économiques, la consommation d’énergie et les émissions. À partir des données du rapport sur l’avenir énergétique du Canada en 2026 et conformément à l’analyse présentée ci-dessus, de futurs aperçus du marché viendront enrichir le portrait des différents secteurs.

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